Comprimer l'air concentre sa vapeur d'eau ; en se refroidissant dans le réseau, elle condense. L'eau corrode les canalisations, gèle les sorties extérieures, abîme les outils et le produit. Le sécheur retire cette eau avant le réseau ; les filtres retirent les particules et l'huile ; les purgeurs évacuent les condensats aux points bas ; le séparateur eau-huile les traite avant rejet.
La qualité d'air se joue ici, pas dans le compresseur : une machine non lubrifiée produit un air aussi humide qu'une lubrifiée.
ISO 8573-1 note l'eau par classes de point de rosée sous pression : classe 4 à +3 °C, classe 2 à -40 °C, classe 1 à -70 °C. Un réseau intérieur, dans un bâtiment chauffé, se contente de +3 °C : c'est le sécheur frigorifique, de 0,7 à 400 m³/min au catalogue, refroidi par air ou par eau, avec des versions pour entrée d'air chaude.
Un réseau qui sort dehors, un process sensible à l'humidité, une exigence de classe 2 ou 1 appellent l'adsorption : sans chaleur pour -40 °C, avec chaleur jusqu'à -70 °C, de 0,5 à 83 m³/min. Le sécheur à membrane, de 0,05 à 3 m³/min, traite un point d'usage isolé sans électricité.
Un sécheur se dimensionne sur le débit à traiter, à la pression et à la température d'entrée réelles : un air d'entrée plus chaud ou une pression plus basse réduisent la capacité. Chaque fiche de compresseur calcule le sécheur, la filtration et le réservoir sur son propre débit, dans le bloc « Ce qu'il faut avec ».
La filtration se choisit par la classe visée : particules, puis coalescent pour l'huile en aérosol, puis charbon actif pour les vapeurs d'huile, puis stérile pour l'agroalimentaire et la pharmacie. Chaque étage n'existe que pour un contaminant.
Chaque filtre se traverse au prix d'une perte de charge, et un élément saturé la fait monter. Le compresseur compense en montant sa pression, et chaque bar coûte environ 7 % d'énergie. D'après le département américain de l'Énergie, un séparateur se remplace quand sa perte de charge atteint 10 à 12 psi, soit 0,7 à 0,8 bar ; la même logique vaut pour les éléments filtrants.
Un sécheur par adsorption sans chaleur consomme une part de l'air séché pour se régénérer ; la version à chaleur en consomme moins, au prix d'un chauffage. Le frigorifique ne consomme que son compresseur de froid.
Frigorifique pour un réseau intérieur et un point de rosée de +3 °C, ce qui couvre la plupart des usages. Adsorption dès que le réseau passe dehors, que le process craint l'humidité, ou que le cahier des charges écrit classe 2 ou classe 1 pour l'eau.
Oui. L'eau ne dépend pas de l'huile : l'air comprimé se charge de vapeur quelle que soit la machine, et la condensation arrive dès que le réseau refroidit.
Autant que de contaminants à retirer : particules, aérosols d'huile, vapeurs d'huile, germes. Un air d'atelier se contente de deux étages ; un air en contact avec un aliment en demande quatre, filtre stérile compris.